L’approche « Une seule santé » face aux défis sanitaires du XXIᵉ siècle
Réunis à Lyon à l’occasion du One Health Summit, organisé par la France, chefs d’Etat et de Gouvernements, scientifiques, organisations internationales, acteurs privés et publics, collectivités territoriales ont partagé un constat : l’approche One Health s’impose désormais comme un cadre de référence essentiel pour appréhender les enjeux de santé.
En proposant une vision intégrée des relations entre santé humaine, animale, végétale et environnementale, elle marque une évolution majeure en dépassant les interventions fragmentées au profit de réponses coordonnées et anticipatrices face aux menaces sanitaires complexes.
Au cours de ces trois journées, ce sommet international a mis en évidence la nécessité de réponses multifactorielles face aux grandes transitions sanitaires, environnementales et sociales qui redéfinissent aujourd’hui les priorités de santé publique à l’échelle mondiale.
Du travail scientifique aux recommandations pour l’action
Les travaux préparatoires du colloque scientifique, structurés autour de quatre grandes thématiques, ont reposé sur la mobilisation de 300 experts français et internationaux, engagés dans l’élaboration des recommandations :
• les maladies infectieuses (ré)émergentes
• la résistance aux antibiorésistances,
• la pollution environnementale,
• l’alimentation et les systèmes alimentaires durables
Ces réflexions ont été enrichies par plusieurs axes transversaux : sciences humaines et sociales, convergence des données et gouvernance. Elles traduisent une approche décloisonnée des enjeux de santé et contribuent à l’élaboration de recommandations nourries par l’interdisciplinarité.
One Health, un langage commun pour penser la santé mondiale
Au fil des échanges, l’approche One Health s’est affirmée comme un cadre fédérateur, capable de rassembler des communautés scientifiques, institutionnelles et politiques aux horizons variés. De plus en plus mobilisée au niveau international, elle structure désormais une large part des réflexions en santé mondiale, en mettant en évidence l’interdépendance étroite entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.
Cette dynamique a été particulièrement visible dans les débats consacrés aux maladies non contagieuses, étroitement liées à la pollution, aux modes de vie et à l’environnement. L’Organisation mondiale de la santé, tout comme de nombreux pays du Sud, ont rappelé que ces maladies constituent aujourd’hui leur principal défi sanitaire, appelant à des stratégies de prévention et d’action.
Science, coopération et engagement des institutions
Le sommet a également été marqué par une réaffirmation politique du rôle central de la science et du multilatéralisme dans la réponse aux crises sanitaires mondiales. Cette orientation souligne l’importance des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, appelées à contribuer à la production et à la diffusion des connaissances, à la formation des futurs professionnels et au dialogue avec les décideurs publics et la société.
Dans ce contexte, plusieurs initiatives françaises ont bénéficié d’une mise en avant, illustrant la capacité des acteurs nationaux à s’inscrire dans des dynamiques internationales ambitieuses autour de l’approche One Health.
Membre du consortium de l’Institut One Health, l’EHESP s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Elle y contribue également à travers le développement de formations continues intégrant une vision de cette démarche en particulier dans les domaines de l’urbanisme favorable à la santé, du climat et de la transition écologique.
« Le One Health Summit met en évidence la nécessité de renforcer les dynamiques collectives. À l’EHESP, cela se traduit par un engagement constant aux côtés de nos partenaires locaux et nationaux, et par le développement de notre rayonnement à l’international au service des grands enjeux de santé publique », souligne Isabelle Richard, directrice de l’EHESP.
Dans le prolongement du sommet, un séminaire conjoint du réseau français santé mondiale et une seule santé (FROGH) et du réseau francophone des écoles de santé publique (REFESP) a ouvert une réflexion commune sur l’élaboration d’un référentiel de compétences en santé mondiale et One Health. Encore à un stade exploratoire, ces travaux s’appuient sur plusieurs cadres de référence internationaux et ouvrent des perspectives nouvelles pour l’évolution des formations en santé publique, afin de mieux préparer les professionnels et les chercheurs à répondre à des enjeux complexes et intersectoriels.
Une dynamique à consolider
Le One Health Summit de Lyon confirme ainsi l’émergence d’un cadre structurant pour l’action, la recherche et la formation en santé publique. Le renforcement des réseaux, la construction de référentiels partagés et la montée en puissance des approches interdisciplinaires constituent autant de leviers pour répondre collectivement aux défis sanitaires globaux.
Dans ce contexte, l’approche « Une seule santé » apparaît comme un levier stratégique majeur pour accompagner les transformations en cours et renforcer durablement les capacités d’action en santé publique, en France comme à l’international.